Visite dans une cha guan

L’université organise des visites culturelles dans Beijing (Pékin) ou ses alentours. Cette semaine, nous nous sommes rendus dans une cha guan, que je traduirais très improprement par “maison de thé” (guan signifie de nombreuses choses en chinois, on n’a pas d’équivalent direct).

Dans une cha guan, on boit du thé (au jasmin), on mange des cacahouètes et des brochettes de fruits mais surtout on assiste à un spectacle.

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Ce sont des démonstrations traditionnelles chinoises, essentiellement de l’acrobatie, de la jonglerie, de la magie. Je suis très intéressé par les arts du cirque en général et par la jonglerie en particulier, j’ai donc particulièrement apprécié le spectacle. En fait, ils font la synthèse de plusieurs attractions qui sont pratiquées dans les différentes provinces chinoises et qu’on peut retrouver aussi dans le cirque de Pékin. Certaines peuvent faire référence à des légendes ou à des événements ayant marqués la dite région. Je n’ai malheureusement pas eu le temps de tout noter, j’espère bien completer l’article sous peu.

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Le spectacle commence par de la danse, en fait mêlée avec de l’acrobatie. Les costumes et les masques sont traditionnels et ils rappellent en cela l’opéra de Beijing (Jing Ju). Les danseurs sont tous masculins, même si’il peut arriver qu’ils aient des costumes de femmes (comme dans l’Opéra de Beijing, les hommes jouant les rôles de femmes).

Ensuite vient une démonstration entre la clownerie et la lutte , ce sont trois hommes, un arbitre et deux lutteurs qui s’essayent à un match. Cependant, il y a des rôles précis, avec le lutteur un peu balourd et naïf mais doué et le second, beaucoup moins fort mais espiègle, qui s’évertue à jouer des tours au premier. L’arbitre est là pour mettre de l’huile sur le feu. C’est donc à la fois drôle et impressionnant du fait des mouvements de lutte.

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Ensuite vient le jongleur, un jeune garçon d’environ douze ans. En Chine, la jonglerie est un art ancestral mais pas du tout comme en Europe ou en Russie, on ne jongle pas ici avec des balles mais avec une énorme jarre. Le garçon était particulièrement doué, avec des arrêts sur la tête, le pied, etc. Pour parvenir à réaliser ce tour, ce sont des heures d’entrainement, sans doute dès son plus jeune âge.

jongleur-cruche.jpg Puis vient un tour très typique de la Chine, celui des mimes et chants. Je n’ai pas d’expression plus exacte mais je vais détailler. La légende raconte que le bouffon de l’Empereur, un jour, a eu une extinction de voix alors qu’il devait absolument jouer devant toute la cour. Il a donc demandé à son fils de se cacher sous la table et de faire sa voix, pendant que lui s’agiterait sur scène et mimant les paroles (une sorte de playback). La légende raconte aussi que la cour s’est rendu compte de la supercherie mais a trouvé le synchronisme entre les deux tellement drôle que depuis, le bouffon n’a fait que des représentations sous cette forme.

mime.jpgLe spectacle consiste donc en la parfaite synchronisation entre le visage et les mimiques de l’acteur qui est visible et la voix de celui qui est caché. C’est assez drôle, mais je n’ai pu apprécier l’intégralité de la démonstration car ce qu’il disait (chantait, hurlait ou grognait par ailleurs) en Chinois ne m’était pas compréhensible.

monocycle.jpgPuis est venu mon tour préféré, un jongleur très jeune (il devait avoir 8 ans au plus) qui jonglait avec des bols sur un monocycle d’au moins 1m80 (bien plus grand que le petit chinois donc). Le tour de force consistant à lancer les bols avec les pieds sur le haut de sa tête et à les empiler. Le gosse est très doué, surtout à cet âge. Sans doute n’est-il guère allé à l’école, entre les entrainements et les représentations mais c’est un artiste et en Chine, ils ont un statut social que j’ai encore du mal à saisir. Les chanteurs de l’Opéra de Beijing par exemple sont énormément respectés mais je ne sais ce qu’il en est des jongleurs et acrobates.

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Puis nous avons eu droit à une contorsionniste, elle aussi très jeune, une dizaine d’années tout au plus. Réalisation de figures avec son corps très impressionnantes, à la manière des gymnastes chinoises, bien sûr.

Puis un classique dans les spectacles chinois, le changement de visage (masque en fait) très rapide. C’est très beau à voir car l’acteur change une dizaine de fois de masques sur la période, et en une fraction de seconde pour chaque changement.

A la suite de cela, un autre tour très célèbre, où une femme s’allonge et avec ses jambes, fait rouler au-dessus de sa tête une immense jarre (qui pèse 100 kilos) . Le clou est atteint quand ils demandent à une jeune fille de l’assemblée de se mettre dans la jarre ; ainsi la chinoise soulève avec ses jambes la jarre et la fille et exécute des tours avec le tout !

jarre-garnie.jpgComme le veut la tradition, la dernière démonstration avant la danse finale est un spectacle de magie traditionnelle chinoise, où le magicien fait sortir des légumes, remplit des verres par magie, etc. Rajiv aurait sans doute apprécié !

Puis cela s’achève sur une danse et des acrobaties, afin que le cycle avec le début soit complet. Plus précisément, la danse illustre une légende appelée les ” six singes et le moine” où un moine se fait harceler par des singes bêtes et méchants. j’avoue ne pas avoir compris la fin de la légende, si ce n’est que les six singes, après avoir été admonestés par le moine, rentrent la queue entre les pattes !

six-singes.jpgJ’ai beaucoup aimé le spectacle et j’invite les touristes en visite sur Pékin à y assister !!

Nota Bene : comme la majeure partie (12 sur 20) de notre classe s’y est rendue, je vais pouvoir faire les présentations. Pour certaines personnes, je ne connais que leur nom chinois, ne vous étonnez donc pas de certains noms dont la consonance diffère fortement de la nationalité !

Honneur aux filles donc, sur la photo de gauche à droite :

Nina, suédoise (oui elle n’est pas blonde !), Chrystelle (belge), Julia (Italienne) , Charlotte (belge), Igeli (Kazakh) , Shenmihua (Philippines).

filles.jpgL es garçons, de gauche à droite : Gan Laoshi (Gan le professeur) qui est donc notre professeur de grammaire et d’écoute, celui que je préfère et qui parle français. Puis vient Marian (Kazakh), Linsonpeng (Thailandais), votre serviteur, Peter (Indonésie), CG (Philippines), Ting re yong (Coréen).

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3 Responses to “Visite dans une cha guan”

  1. 趙芝焄 Says:

    wow, tu as passé une bonne soirée!
    J’espère que vous parlez en chinois entre vous!
    ton ami coréen a un prénom bizarre…

  2. jojo Says:

    Le spectacle à l’air sympa et varié Tes photos rendent bien l’ambiance, car je présume qu’il ne devait pas y avoir beaucoup de lumière Il y a longtemps, j’ai vu un spectacle à l’opéra de Pékin, et rien que les costumes et les maquillages sont déjà magnifiques ! Si un jour tu as l’occasion essaye d’assister à une représentation. Il est intéressant de voir une partie de ta classe Par contre on ne se rend pas compte de la taille de la salle : beaucoup ou peu de spectateurs? (Genre petits théatres parisiens de 30 à 60 personnes ?)Toi qui aime bien le jonglage, tu devrais essayer avec les jarres pour nous montrer à ton retour de Chine (1an 1/2 de possibilité d’entrainement !!)

  3. Line Says:

    Je viens de lire ton dernier article. Et effectivement, c’est impressionnant ce que font ces artistes. Cela m’a rappelé de bons souvenirs et le spectacle que j’avais vu lors de mon voyage à Pékin.
    Tu donnes envie d’y aller. J’espère que tu feras des émules…

    Continue d’explorer les richesses de cette culture et de remplir ton coeur de sa sagesse. Que d’histoires vraies à raconter !

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