Visite dans une cha guan

novembre 18th, 2007

L’université organise des visites culturelles dans Beijing (Pékin) ou ses alentours. Cette semaine, nous nous sommes rendus dans une cha guan, que je traduirais très improprement par “maison de thé” (guan signifie de nombreuses choses en chinois, on n’a pas d’équivalent direct).

Dans une cha guan, on boit du thé (au jasmin), on mange des cacahouètes et des brochettes de fruits mais surtout on assiste à un spectacle.

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Ce sont des démonstrations traditionnelles chinoises, essentiellement de l’acrobatie, de la jonglerie, de la magie. Je suis très intéressé par les arts du cirque en général et par la jonglerie en particulier, j’ai donc particulièrement apprécié le spectacle. En fait, ils font la synthèse de plusieurs attractions qui sont pratiquées dans les différentes provinces chinoises et qu’on peut retrouver aussi dans le cirque de Pékin. Certaines peuvent faire référence à des légendes ou à des événements ayant marqués la dite région. Je n’ai malheureusement pas eu le temps de tout noter, j’espère bien completer l’article sous peu.

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Le spectacle commence par de la danse, en fait mêlée avec de l’acrobatie. Les costumes et les masques sont traditionnels et ils rappellent en cela l’opéra de Beijing (Jing Ju). Les danseurs sont tous masculins, même si’il peut arriver qu’ils aient des costumes de femmes (comme dans l’Opéra de Beijing, les hommes jouant les rôles de femmes).

Ensuite vient une démonstration entre la clownerie et la lutte , ce sont trois hommes, un arbitre et deux lutteurs qui s’essayent à un match. Cependant, il y a des rôles précis, avec le lutteur un peu balourd et naïf mais doué et le second, beaucoup moins fort mais espiègle, qui s’évertue à jouer des tours au premier. L’arbitre est là pour mettre de l’huile sur le feu. C’est donc à la fois drôle et impressionnant du fait des mouvements de lutte.

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Ensuite vient le jongleur, un jeune garçon d’environ douze ans. En Chine, la jonglerie est un art ancestral mais pas du tout comme en Europe ou en Russie, on ne jongle pas ici avec des balles mais avec une énorme jarre. Le garçon était particulièrement doué, avec des arrêts sur la tête, le pied, etc. Pour parvenir à réaliser ce tour, ce sont des heures d’entrainement, sans doute dès son plus jeune âge.

jongleur-cruche.jpg Puis vient un tour très typique de la Chine, celui des mimes et chants. Je n’ai pas d’expression plus exacte mais je vais détailler. La légende raconte que le bouffon de l’Empereur, un jour, a eu une extinction de voix alors qu’il devait absolument jouer devant toute la cour. Il a donc demandé à son fils de se cacher sous la table et de faire sa voix, pendant que lui s’agiterait sur scène et mimant les paroles (une sorte de playback). La légende raconte aussi que la cour s’est rendu compte de la supercherie mais a trouvé le synchronisme entre les deux tellement drôle que depuis, le bouffon n’a fait que des représentations sous cette forme.

mime.jpgLe spectacle consiste donc en la parfaite synchronisation entre le visage et les mimiques de l’acteur qui est visible et la voix de celui qui est caché. C’est assez drôle, mais je n’ai pu apprécier l’intégralité de la démonstration car ce qu’il disait (chantait, hurlait ou grognait par ailleurs) en Chinois ne m’était pas compréhensible.

monocycle.jpgPuis est venu mon tour préféré, un jongleur très jeune (il devait avoir 8 ans au plus) qui jonglait avec des bols sur un monocycle d’au moins 1m80 (bien plus grand que le petit chinois donc). Le tour de force consistant à lancer les bols avec les pieds sur le haut de sa tête et à les empiler. Le gosse est très doué, surtout à cet âge. Sans doute n’est-il guère allé à l’école, entre les entrainements et les représentations mais c’est un artiste et en Chine, ils ont un statut social que j’ai encore du mal à saisir. Les chanteurs de l’Opéra de Beijing par exemple sont énormément respectés mais je ne sais ce qu’il en est des jongleurs et acrobates.

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Puis nous avons eu droit à une contorsionniste, elle aussi très jeune, une dizaine d’années tout au plus. Réalisation de figures avec son corps très impressionnantes, à la manière des gymnastes chinoises, bien sûr.

Puis un classique dans les spectacles chinois, le changement de visage (masque en fait) très rapide. C’est très beau à voir car l’acteur change une dizaine de fois de masques sur la période, et en une fraction de seconde pour chaque changement.

A la suite de cela, un autre tour très célèbre, où une femme s’allonge et avec ses jambes, fait rouler au-dessus de sa tête une immense jarre (qui pèse 100 kilos) . Le clou est atteint quand ils demandent à une jeune fille de l’assemblée de se mettre dans la jarre ; ainsi la chinoise soulève avec ses jambes la jarre et la fille et exécute des tours avec le tout !

jarre-garnie.jpgComme le veut la tradition, la dernière démonstration avant la danse finale est un spectacle de magie traditionnelle chinoise, où le magicien fait sortir des légumes, remplit des verres par magie, etc. Rajiv aurait sans doute apprécié !

Puis cela s’achève sur une danse et des acrobaties, afin que le cycle avec le début soit complet. Plus précisément, la danse illustre une légende appelée les ” six singes et le moine” où un moine se fait harceler par des singes bêtes et méchants. j’avoue ne pas avoir compris la fin de la légende, si ce n’est que les six singes, après avoir été admonestés par le moine, rentrent la queue entre les pattes !

six-singes.jpgJ’ai beaucoup aimé le spectacle et j’invite les touristes en visite sur Pékin à y assister !!

Nota Bene : comme la majeure partie (12 sur 20) de notre classe s’y est rendue, je vais pouvoir faire les présentations. Pour certaines personnes, je ne connais que leur nom chinois, ne vous étonnez donc pas de certains noms dont la consonance diffère fortement de la nationalité !

Honneur aux filles donc, sur la photo de gauche à droite :

Nina, suédoise (oui elle n’est pas blonde !), Chrystelle (belge), Julia (Italienne) , Charlotte (belge), Igeli (Kazakh) , Shenmihua (Philippines).

filles.jpgL es garçons, de gauche à droite : Gan Laoshi (Gan le professeur) qui est donc notre professeur de grammaire et d’écoute, celui que je préfère et qui parle français. Puis vient Marian (Kazakh), Linsonpeng (Thailandais), votre serviteur, Peter (Indonésie), CG (Philippines), Ting re yong (Coréen).

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Quelques informations utiles sur la vie à BLCU

novembre 4th, 2007

En ce moment je suis complètement débordé par la préparation des examens ce qui explique mon assiduité fort relâchée…

Cependant, je reçois de nombreux mails concernant la vie à BLCU, je vais donc donner ici quelques informations d’ordre pratique. Elles ne sont guère palpitantes mais peuvent simplifier de beaucoup la vie.
BLCU est un campus à la chinoise, ce qui signifie qu’il est presque possible de ne vivre que sur le campus tant il existe de boutiques et autres services à disposition.

En premier lieu, l’alimentation. A l’université des langues, se trouvent deux types de lieu où il est possible de se sustenter : les restaurants et les cantines (shitang) .

Les cantines restent bien évidemment la solution la moins onéreuse et la plus pratique. On en trouve trois, deux au rez-de-chaussée et une au premier étage, au dessus de la cantine numéro 1. Elles sont situées juste à côté de la porte sud (nan men), l’entrée de la cantine numéro 1 étant  à droite de la librairie.

Pour une raison que j’ignore, les horaires des shitangs 1 et 2 ne sont pas du tout pratiques, car ils ferment à 13h00 le midi et à 18h30 le soir, les chinois mangeant en effet très tôt. Les étrangers terminant leurs cours à 12h30, il est très difficile de pouvoir être dans les temps. Ces cantines sont immenses, en mode self-service. On passe devant les différents stands et on choisit.

Pour payer, il faut avoir une carte magnétique. L’obtention de cette carte n’est pas facile car le bureau se trouve dans une petite place à gauche du restaurant musulman. Il est écrit en anglais card service mais le personnel ne parle pas un mot d’anglais. Il faut leur faire comprendre qu’on veut une carte de cantine, donner sa carte d’étudiant et payer 100 kuais : la carte coute 30  kuais et son crédit initial est donc de 70 kuais. Je conseille très vivement aux étudiants de se procurer la carte ce qui simplifie de beaucoup la vie dans les shitangs. Pour la recharger, il faut se rendre au shitang 1, à la caisse à gauche en entrant. (Remarque : si vous n’avez pas encore votre carte d’étudiant, que doit vous donner votre tuteur, vous pouvez en obtenir une quand même mais si vous la perdez, vous devrez repayer une nouvelle carte, ce qui n’est pas le cas si vous vous êtes inscrits avec votre numéro d’étudiant).

En réalité, je ne fréquente guère les shitangs 1 et 2 car les horaires sont contraignants. J’ai une grande prédilection en revanche pour le shitang 3 qui est une petite merveille. Ce shitang se trouve au premier étage (second pour les chinois), on peut y accéder depuis le shitang 1 ou 2, il suffit de prendre les escaliers.

Le principe de cette cantine est assez génial : il y a 5 stands, avec en moyenne 7 ou 8 cuisiniers par stand. Chaque stand a une spécialité (riz sauté, nouilles, plats généraux et chinois, etc.). On commande le plat que l’on désire à un des stands (il y a une carte ou les plats sont souvent traduits en anglais, sauf sur les stands 1 et 2 - ce qui fait que seuls les chinois y vont-) et ils vous le cuisinent devant vous. On peut payer soit avec la carte soit en liquide (un plat coûte de 5 à 8 kuais soit 50 à 80 centimes d’euros) et on emporte son plat dans la salle. Des personnels sont là pour débarasser les tables.

Outre le fait que ce shitang permet de goûter de nombreux plats à des prix dérisoires,  l’ambiance y est fort sympathique car viennent manger des étrangers et des chinois (qui vont rarement dans les restaurants, trop chers), ce qui permet de faire des connaissances. J’y mange tous les jours. Petit conseil : les stands 3 et 4 sont les meilleurs, en particulier leur poulet sauce citron et leur bœuf à la sauce aigre douce. En revanche, les intestins de mouton ne sont pas fameux, ainsi que leur espèce d’omelette avec une sauce, étrange.

L’autre option c’est le restaurant. Il en existe de toutes sortes : coréen, japonais, chinois (3), internationaux (3), musulman, etc. Beaucoup de gens fréquentent le restaurant musulman, par conviction religieuse mais aussi car les plats sont globalement de bonne qualité.  Personnellement, mon préféré est le restaurant coréen, qui se trouve juste à côté du shitang 3 au deuxième étage chinois. Le japonais est un peu cher (40 kuais le plat soit 4 euros). En moyenne, un repas au restaurant coûte deux euros (20 kuais).

Pour ceux qui veulent manger international, je conseille le lavitab café, qui se situe derrière les terrains de basket. Sensiblement plus onéreux que les restaurants chinois mais il a du bacon, des pizzas des sandwichs, etc. Leur sirop de prune, servit avec beaucoup de glace vaut le détour (8 kuais). L’avantage à d’autres restaurants internationaux (en particulier celui du bâtiment 4), c’est que je n’ai pas entendu que des gens aient été malades alors que dans d’autres oui.

Sinon, pour manger sur le pouce le matin ou dans l’après-midi, les petites roulottes qui se trouvent au carrefour vers la porte sud et celui vers le yifu building proposent des galettes chinoises, des oeufs durs cuits dans du thé (mon régal) et autres coupes-faim à la chinoise.

La suite prochainement….

Visite à la Grande Muraille

octobre 14th, 2007

L’université organise de temps à autre des visites culturelles dans Beijing et ses alentours. Monument incontournable, la Grande Muraille (Changcheng en Chinois), nous a donc été proposée à la visite pour la très modique somme de 2 euros, trajet compris.

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Je propose une présentation de la Grande Muraille, extraite de l’excellent site http://www.gwoc.info/.

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La Grande Muraille est de loin la plus grande et la plus imposante construction jamais réalisée par l’Homme. Sa longueur atteint plus de 6700 km, en considérant les ramifications, le tracé et le relief.

A vol d’oiseau le mur mesure 2700 km depuis la passe de Jiayuguan (en Asie centrale) jusqu’à la passe de Shanhaiguan sur les rives du golfe du Bohai.

La chronologie est assez complexe, distinguée en plusieurs périodes. L’unicité du terme est trompeur car la Grande Muraille a profondément évolué au fil du temps, tant dans son tracé que dans les matériaux utilisés : de terre séchée, elle fut ensuite construite en pierre, celle qui est demeurée jusqu’à nous. Les souffrances engendrées par la construction de la Muraille furent terribles et de là sont nées de nombreuses légendes. Plusieurs centaines de milliers de personnes sont mortes d’épuisement et de fatigue.

 Première Période

Entre 221 et 206 av. J.-C. : Une fois la Chine unifiée, et dès le début de son règne, le Premier empereur, Qin Shi Huangdi (Celui dont le tombeau renfermait 8000 soldats en argile grandeur nature) décide d’unifier les portions déjà existantes afin de poursuivre sa politique d’expansionnisme et d’édifier la muraille de chine. Les premiers achèvements de la Grande Muraille apparaissent. Celle-ci partait de la région de Lanzhou dans le Gansu pour aboutir dans la péninsule du Liaodong, près de la Corée, en contournant la boucle du Huang He (fleuve Jaune). Son tracé reprenait des tronçons de murs défensifs plus anciens, qui furent ainsi réunis, prolongés et consolidés.

   Entre 206 av. J.-C. et 220 apr. J.-C. : La dynastie Han continue la construction de la muraille jusque dans l’ouest de la province actuelle du Gansu, jusqu’à 300 kilomètres de Yumen. La muraille totalisait alors près de 10000 km.

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Deuxième période :

 Entre 581 et 1066 : Pour contenir l’invasion des Tibétains et des Turcs Tujue, la muraille de chine est consolidée lors de la dynastie Sui (581 - 618). Pendant cette période, aucun nouveau tronçon important ne sera entrepris.

   Entre 1066 et 1125 : La dynastie Liao érige une toute nouvelle muraille au nord de la Mongolie, dans la région de Manzhouli.

   Entre 1125 et 1234 : La dynastie Jin étend la muraille le long de la frontière Est mongole avec plus de 2000 km, entre Qiqihar et Baotou.

Troisième période :

   Entre 1403 et 1435 : Après le désintéressement des dynasties Tang, Song et Yuan, les Ming (1368-1644) entreprennent de fortifier ou de réédifier les défenses existantes qui coïncident avec les phases de plus grande activité des fédérations mongoles qui menacent le Nord de l’empire. La muraille est alors administrée en neuf zones militaires appelées Zhen.

Après 1644 : Sous les Qing (1644-1911), l’établissement du protectorat mandchou sur la Mongolie retire à la Muraille sa signification militaire, mais elle continue de matérialiser la frontière entre la Chine propre et la steppe, et permet un certain contrôle sur les mouvements de population aux passes.

Histoire récente :

 1987 : Inscription de la Grande Muraille sur la liste du patrimoine mondial de l’ UNESCO 

   1991 : L’URSS dissoute, les satellites ont pu survoler la Mongolie pour y découvrir la muraille de la dynastie Liao.

   2001 : 500 km de tronçons datant de la dynastie Han sont découverts à l’ouest de Yumen.

 

                                                                                                         (extrait de http://www.gwoc.info/)

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La visite de la Grande Muraille reste donc un lieu incontournable à visiter, ce qui engendre de très nombreux touristes tant étrangers que chinois. Plusieurs point d’accès sont autorisés à la visite, nous nous sommes rendus sur le plus fréquenté, à savoir Badaling.

Sur place, les chinois ont parfaitement aménagé la place pour les touristes, avec un goût plus ou moins douteux. Disons que la Grande Muraille est devenue une attraction et que l’on ne se sent pas vraiment en Chine quand on y accède. Heureusement, ils ont peu touché à la Muraille en elle-même, mais plutôt à son environnement.

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La visite resta donc très belle et très impressionnante. Il n’y a guère de chose à dire, sinon que c’est assez curieux de voir des chinois très âgés,  qui gravissent la Muraille, aidés par leur famille. Le peuple chinois est très fier de son patrimoine et de son histoire (et il est vrai qu’il y a de quoi) et que certaines visites relèvent de l’obligation. Il faut dire que ce n’est pas une partie de plaisir non plus, la Muraille étant assez raide.

En fin de compte, il est évident que la visite de la Grande Muraille reste une étape obligée pour quiconque se trouvant en Chine. Il n’en reste pas moins que le grand nombre de touristes et les devises qu’elle procure peut mettre en péril la Muraille en la transformant en parc d’attractions. Mais il s’avère de plus en plus que les responsables chinois prennent en compte le problème, même si la traduction concrète de cette prise de conscience tarde à venir.

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Marchandages au Marché de la Soie

octobre 4th, 2007

Le marché de la Soie, à Pékin, est l’endroit rêvé pour trouver toutes sortes de vêtements de marque, contrefaits bien entendus, mais aussi des jeux vidéos de contrefaçon, du matériel hi-fi, des valises, etc. Je m’y suis rendu avec ma guide de choc, Lorine, le dernier week-end de septembre.

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Evidemment, il ne faut pas se représenter ce marché comme de modestes étals cachés au fond d’une ruelle étroite. C’est en réalité un immense complexe sur trois étages (avec escalators) où s’alignent des dizaines de boutiques. C’est gigantesque et particulièrement bien organisé, bien que l’on s’y perd très vite. L’accès est aisé, directement à la sortie du métro, et comme toujours en Chine, se trouvent plusieurs restaurants où le chaland affamé après plusieurs heures de marchandage pourra se sustenter comme il se doit. Les étages sont organisés selon les produits, ici les chaussures, là les sacs, ailleurs les polos…

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En effet, il en faut du temps et de la patience pour marchander car ici, c’est la règle. On trouve globalement de tout, des polos Ralph Lauren en passant par des jeans Levis, des sacs à main Gucci, des pompes Timberland, des vestes de survêtements Adidas ,  des ceintures en cuir Lee Cooper, des portefeuilles Versace, etc. Tout est faux, of course !!

Bien entendu, les Chinois ont un sens de l’humour particulièrement aigu : de nombreux policiers parcourent les allées, des pancartes proclament la défense “légitime” des marques, etc.

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Quand il s’agit du prix, fort heureusement, celui reste à la Chinoise pour qui négocie. Le polo Ralph Lauren, un grand classique ici, est donné par le vendeur à 38 euros ??? mais après d’âpres discussions, on tombe vite à 4 euros le polo (40 kuais). Idem pour les chemises Giorgo Armani, à 4 euros environ. Les chaussures Timberland sont un peu plus onéreuses à 8 euros, les jeans dockers sont à 6 euros, etc.

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Lorine, négociatrice en chef, a une règle d’or : tant que la vendeuse ne hurle pas (je dis bien hurler, elles crient tout le temps), c’est qu’on n’a pas atteint le prix plancher. S’en suivent nombre d’arguments, plus ou moins pertinents, sur les marges, la vie, les étrangers, tout ça… Le record a été atteint quand Lorine a négocié un de ses (nombreux) sacs à main : le vendeuse s’est vraiment énervée, Lorine est partie puis revenue, en face, la vendeuse s’est fâchée. Enfin, elle a eu son sac à 5 euros…

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Pour ma part, je me suis habillé pour l’automne et refait une partie de ma garde robe, mais chut , c’est un secret ! La vraie question va être de passer tout cela à la douane…

Découverte de Beida

septembre 16th, 2007

Beida, ou de son nom complet Beijing Daxue, est l’université la plus renommée de Chine (avec Tsinghua, sa grande rivale, voir mon article précédent). Elle est immense, plus de 35000 étudiants fréquentent le campus, ce à quoi il faut rajouter les professeurs, l’administration et toutes les personnes employées sur place. Je pense qu’il y a plus de 40000 personnes dans cette université.

batentree.jpgElle est connue tant par la valeur des étudiants et des professeurs qui la composent que par son cadre magnifique : elle est en effet bâtie sur un ancien jardin impérial. C’est le rêve de tous les jeunes chinois d’intégrer Beida, mais la sélection est très rude (bien plus rude que nos Grandes Ecoles). Justement, afin d’insuffler l’envie de réussir, les écoles et les collèges organisent des visites à Beida, afin de motiver les étudiants à travailler. Je suis justement venu une de ces journées, ce qui fait que j’ai vu de très nombreux jeunes se balader sur le campus (rappelons qu’en Chine, les universités sont les universités du peuple, elles sont totalement libres d’accès et de nombreux chinois les visitent ou profitent des installations (sportives notamment) dont elles disposent).

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Pour ma part, si je suis venu samedi 15 visiter cette université, c’est pour deux raisons : la première c’est que j’ai un ami chinois, Lu Liping, qui est étudiant sur place et qui m’a proposé de venir. J’ai fait sa connaissance par l’intermédiaire de Benjamin Holcblat, un élève de l’ENSAE (que je salue bien au passage) qui a eu la chance l’an passé de faire partie d’une délégation de jeunes scientifiques français en visite en Chine.

La seconde raison, c’est que j’intègre Beida l’an prochain, dans le cadre de mon échange avec l’ENSAE, l’ENS Cachan et Paristech. Plus précisément, j’étudierai au CCER, China Center for Economic Research, dont le nom est suffisamment évocateur pour comprendre de quoi il s’agit. Liping est un brilliant élève du CCER.

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Nous nous étions donc donné rendez-vous à la porte Ouest (Xi men) qui est la porte historique ; elle est très joliment décorée. De nombreuses personnes s’y font prendre en photos. Puis de là, Liping m’a fait découvrir Beida.

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Le coeur du campus s’organise autour d’un grand lac, magnifique. Il y a eu un grand débat, il y a longtemps de cela à propos du nom à donner au lac. Les chinois, gens pragmatiques au possible ont tranché : ce sera Wei Ming Hu, “le lac sans nom” ! Ce lac est très célèbre et de nombreuses personnes s’y promènent, ainsi que des amoureux.

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Une immense tour se dresse près du lac, c’était selon Liping un ancien château d’eau. Cette tour, outre sa beauté, est très pratique car elle permet de s’orienter dans le campus. Il n’est pas rare en effet de voir de nombreuses personnes, y compris des chinois, complètement perdues au milieu du campus tant celui-ci est grand.

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A partir de là, nous nous sommes dirigés vers le CCER. A Beida, il existe des règles très strictes quant à la construction des bâtiments, et contrairement aux autres universités chinoises que je connais, il n’existe pas à Beida de haut building. De plus, tous les bâtiments qui existent sont décorés avec des couleurs, c’est vraiment très joli. Le campus est très boisé et respire la sérenité.

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Le CCER bénéficie lui d’un cadre particulièrement exceptionnel au sein du campus. D’après ce que m’a dit Liping, il s’agit d’anciens bâtiments datant de l’époque impériale qui ont été rénovés il y a peu. Il s’agit donc d’une structure architecturale traditionnelle, avec des nombreuses petites courettes garnies d’arbres. La plupart des bâtiments sont de plain-pied.

ccer.jpgA l’intérieur, se trouvent les bureaux des professeurs ainsi que des salles de cours (en fait, il n’y en a que trois car le centre est petit). En Chine, les professeurs sont excessivement respectés, c’est un titre très envié. D’ailleurs, en chinois, le spécificatif usuel pour les personnes est le “ge” (désolé, je ne parviens pas à entrer le caractère). Mais pour certains titres, comme médecin ou président, on utilise le “wei” qui marque une considération soutenue (qui ne faut jamais employer en parlant de soi car c’est très prétentieux). Pour le professeur d’université, on utilise wei et non ge.

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Enfin, en Chine, il existe une fête des professeurs (tous niveaux confondus) où les élèves organisent de petites choses pour les enseignants. Je n’ai pas eu encore l’occasion d’en vivre une mais il paraît que c’est très populaire.

Certains professeurs du CCER ont d’ailleurs un rayonnement international (mon professeur à Normale Sup Cachan qui m’encadre, M.Gurgand connaît bien ce centre). Ils ont tous fait leur PhD aux USA et écrivent de nombreux articles. Ils sont aussi conseillers pour le gouverment chinois. A ce que j’ai crû comprendre (d’après ce que Ming, de l’ENSAE, m’en a dit) le CCER forme une partie des élites intellectuelles et politiques chinoises.

De gros moyens sont ainsi accordés au CCER, et j’ai pu consulter la liste des séminaires qui vont se dérouler cette année : sont invités de nombreux professeurs anglosaxons, ainsi que de hauts responsables de banque de développement, etc. C’est donc pour moi une excellente occasion que de mener des recherches dans de bonnes conditions en recontrant des chercheurs de haut vol.

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Durant ma visite, se tenait une cérémonie d’accueil des nouveaux étudiants, cela m’a permis de voir de loin les professeurs que j’aurai l’an prochain (je me dois de terminer mon année de langues avant). J’ai été très surpris de constater que les différents professeurs que croisaient Liping le saluaient cordialement (il est élève depuis deux ans ici) : bien qu’importants, les professeurs n’en restent pas moins proches des élèves.

caracteresgraves.jpgPuis nous avons beaucoup parlé avec Liping car celui-ci souhaiterait continuer ses études d’économètrie en France. Il souhaite venir à l’ENSAE car l’école est très réputée dans ce domaine. Je vais donc l’aider à remplir ses dossiers et lui donner des informations. Il m’a aussi parlé des cours et des spécialités des différents professeurs. J’ai été très heureux d’apprendre que deux professeurs étaient spécialisés en démographie (avec de fortes composantes économétriques et statistiques, comme les séries temporelles -il va falloir que je révise sérieusement !) et qu’ils pourraient sans doute m’encadrer sur mon sujet. De plus, j’étais inquiet dans l’acquisition des données mais Liping m’a dit que le CCER disposait d’un accès privilégié auprès de autorités chinoises, cela me permettra d’y accéder un peu moins difficilement (mais je reste persuadé que ce sera très délicat quand même).

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Enfin Liping m’a invité au restaurant (il y a de très nombreux restaurants dans le campus, ainsi que des supermarchés, des cantines, etc., c’est une vraie ville). Il a commandé tous les plats car c’est la tradition (l’hôte qui invite commande et chacun mange un peu de tout). C’était très bon mais je dois avouer que je n’ai aucune idée de ce dont il s’agissait exactement : il y avait du porc et du mouton, des abats notamment mais je n’ai pas reconnu lesquels. La cuisine chinoise est très différente de la française, il ne faut être dégoûté a priori car les plats sont vraiment excellents (l’estomac de boeuf est un délice paraît-il).

Puis Liping m’a montré le “ping-pong stadium” de Beida, là où se dérouleront les épreuves de ping-pong des Jeux Olympiques. Les chinois étant grand favoris dans ce domaine, nul doute qu’il risque d’y avoir une sacré ambiance et excitation sur le campus. J’aurai la chance d’y être !!! Vivement les JO…

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Vers Wangfujing et Houhai

septembre 16th, 2007

Après avoir quitté la place TianAnMen, nous nous sommes dirigés vers Wangfujing, la très célèbre rue commerçante de Beijing. Au passage, les filles en ont profité pour visiter un immense centre commercial (qui n’a rien à voir avec Wangfujing).

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Moins sensible que les demoiselles au très nombreuses boutiques de vêtements et de mode (la plupart faisant référence à Paris d’ailleurs, c’est un gage de bon goût paraît-il), j’ai néanmions pu découvrir à quel point la Chine a subit l’influence occidentale. Evidemment, il ne s’agit que d’un quartier très huppé de Beijing, réservé à une petite élite. Mais il n’en reste pas moins que toutes les grandes enseignes ont pignon sur rue dans l’Empire du Milieu.

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Puis nous nous sommes dirigés vers Wangfujing, une rue commerçante très célèbre à Beijing.

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En particulier, on y trouve de très nombreux vendeurs de brochettes. Rien d’étonnant me direz-vous et pourtant, quand on y regarde de près, ce ne sont pas de vulgaires brochettes. Sont ici proposés à la dégustation des scorpions, mygales (toutes petites d’ailleurs), chrysalides, hippocampes,… (voir photos). Comme c’est le paradis des brochettes, sont aussi proposées des brochettes de fruits confis, la variété de fruits proposés étant assez vaste.wangfujing2.jpg

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Bien entendu, dans cette rue règne une joyeuse pagaille, avec des vendeurs plutôt raccoleurs, des odeurs à foisons; des couleurs vives,… C’est la Chine que j’aime, celle qui reste en tête : les odeurs sont exceptionnelles, différentes de ce que j’ai pu sentir jusque là. C’est vraiment très agréable et curieux à la fois…wangfujing4.jpg

Puis nous nous sommes rendus à Houhai, le coin des amoureux. C’est un quartier centré autour d’un lac (ou plusieurs, je ne sais plus très bien) où existent de nombreux bars et boutiques (plus ou moins bon marché d’ailleurs). C’était vraiment très sympa, même si j’ai trouvé le quartier un peu “kitch”, du fait des très nombreux étrangers qui viennent prendre un verre. Xixia m’a bien aidé dans la négociation avec les commerçants et je me suis transformé l’espace d’un instant en une recrue de l’Armée Rouge (comment ça je ne suis pas crédible) ?

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De nombreux massages, en particulier des pieds sont proposés dans la rue. C’est une expérience que je ne vais pas rater car les massages chinois sont très réputés. Je l’évoquerai dans un prochain article.

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Un petit tour vers Tian An Men

septembre 16th, 2007

Samedi 8 septembre, avec Xixie et Lorine, nous nous sommes rendus à Tian An Men, “la porte de la paix céleste”, qui est la plus grande place du monde : elle s’étend sur plus de 40 hectares et peut accueillir plus d’un million de personnes.

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Elle a toujours été un haut lieu de la puissance politique, impériale ou communiste. A la différence qu’à l’époque de l’Empire, les pékinois n’avaient pas le droit d’y accéder et commétaient un crime rien qu’en la regardant. C’est avec l’arrivée du PCC qu’elle sera agrandie, accessible au peuple : le grand Timmonier y passait en revue les Gardes Rouges et a pronocé de fameux discours.

A tian-an-men2.jpgsa mort, en 1976, des millions de chinois sont venus lui rendre hommage sur cette place.

Depuis, les dirigeants communistes continuent de l’utiliser comme la plus grande tribune du monde et informent le peuple des lois du pays.musee1.jpg

Sept ponts parrallèles enjambent un cours d’eau pour rejoindre les cinq ouvertures de la porte. Jadis, la porte e le pont centraux étaient réservés au “fils du ciel”, l’empereur. Un gigantesque portrait de Mao Zedong domine aujourd’hui la porte de la paix céleste : on peut lire sur la gauche “Vive la République Populaire de Chine” et sur la droite “Vive l’amitié entre les peuples du monde”.

La place est particulièrement bien gardée et le lieu et si solennel que l’on a vu aucun chinois cracher !

Pour nous y rendre, nous avons emprunté le métro de Beijing, qui est très propre et neuf. Actuellement trois lignes sont en service mais à ce que j’ai compris, une dizaine seront opérationnelles pour les JO. Cela représente un défi considérable de parvenir à tripler la taille d’un réseau en si peu de temps. On est en Chine, rien n’est impossible.metro.jpg

Arrivés sur place, nous avons été impressionnés (surtout Lorine et moi, Xixia connaît bien) par l’immensité de la surface disponible. Je crois que c’est le rêve de tout orateur que de prononcer un discours à Tian An Men, avec un million de personnes.

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Nous n’avons pas eu le courage de faire les deux ou trois heures de queue pour visiter le Mausolée de Mao. Nous avons cependant sacrifier à une séance photo devant le portait du Grand Timmonier. Un chinois, parfaitement inconnu, m’a demandé de poser avec lui. Les occidentaux, même à Beijing, restent un lieu d’attraction !linconnu.jpg

Au sujet des photos, la plupart des chinois que j’ai vu pris en photo ont souvent tendance à faire un deux avec les mains, sans sourire le moins du monde (ils sont très sérieux sur la pellicule).

A partir de Tian An Men, accompagnés de la plus charmante guide de Chine, nous nous sommes baladés dans le coeur de Beijing, vers la très célèbre rue Wangfujing…

Ma visite à Tsinghua

septembre 12th, 2007

Vendredi soir, Xixia a tenu à me faire visiter Tsinghua, la très célèbre université chinoise. A l’origine, c’était à Tsinghua que je devais continuer mon cursus en économétrie mais j’ai demandé à venir à Beida (Beijing Daxue), l’université de Beijing, dont les cours correspondent mieux à ce que je recherche. Globalement, ce sont les deux universités rivales de Chine, tant par leur niveau que par la beauté de leur site sont Tsinghua et Beida (elles sont internationalement connues). tsinghua6.jpg

Pour nous y rendre (c’est à 20 minutes en vélo de l’université des langues, BLCU) nous avons loué des vélos. En effet, la municipalité de Beijing (Pékin) a organisé, pour les JO à venir, un système de location de vélo, un peu comme le vélib à Paris (à la diférence que les tarifs ne sont pas exactement les mêmes, nous avons payé 40 centimes d’euros pour quatre heures de location!!).

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Je dois avouer que j’ai eu honte de nos universités en voyant Tsinghua : c’est tout simplement magnifique. En premier lieu, c’est extrêmement grand, je n’arrive pas à me faire une idée mais pour donner un ordre de grandeur, nous n’avons pas parcouru plus d’un tiers du campus en roulant deux heures en vélo (mais on n’a pas pris les lignes droites!).tsinghua1.jpg

Ensuite, c’est très beau (toutes les photos de l’article ont été prises à Tsinghua) car le campus est une sorte d’immense parc, avec bien sûr de nombreux bâtiments (je crois qu’il doit y avoir plus de 40 000 personnes à vivre en permanence sur le campus). On trouve de tout : cantines, magasins en tout genre, dortoirs, installations sportives, et bien sûr, des bâtiments de cours !

A ce propos, Xixia connaissait bien le département de Design et Arts de Tsinghua et nous avons fait une visite : c’est très beau car outre l’aspect innovant du lieu (sur le plan architectural), le bâtiment abrite de très nombreuses oeuvres d’art en tout genre (sculptures, céramiques, peintures, photos, etc.). J’étais très impressionné.

tsinghua2.jpgEnsuite, avec Xixia, nous nous sommes baladés dans le campus : comme je l’ai dit, c’est magnifique, il y a des lacs, des grands espaces verts,…

tsinghua3.jpgEn Chine, les universités sont un lieu public (l’éducation pour le peuple) ainsi n’importe qui peut rentrer et visiter, de nombreux chinois venant en effet ici pour se détendre, comme on irait au parc en France. Je vois mal des parisiens prendre deux heures de détente à Jussieu, hormis s’ils aiment l’amiante!

tsinghua5.jpgJe vous laisse découvrir les photos du site.

En passant, j’ai fait la découverte du service militaire chinois. En Chine en effet, tous les jeunes (filles comme garçons) sont tenus de faire leur service. Pour les brillants éléments ayant intégré l’université, ils ont droit à leur période d’instruction sur le campus. Cela permet ainsi aux autres étudiants, plus âgés (et donc étant déjà passés par là) de garder un peu l’ambiance durant les premiers jours de la rentrée : ils apprennent à marcher au pas, font du sport sous encadrement militaire, chants patriotiques, et tutti quanti.

C’est assez surprenant de voir autant de jeunes d’un coup en treillis mais on s’y fait vite (il faut dire qu’en la matière, j’ai une bonne expérience avec le Prytanée !).tsingua4.jpg

Tsinghua est donc une université magnifique, mais seule l’élite chinoise peut l’intégrer. En Chine en effet, contrairement à la France, l’accès à l’université est très restrictif et se fait selon les résultats du Gao Kao (le bac). En fonction de sa note, un étudiant peut prétendre à telle ou telle université : c’est même encore plus poussé car la note du bac influe aussi les spécialités choisies, un élève n’ayant pas eu les résultats suffisants ne pouvant intégrer les filières de son choix. Inutile donc de dire que le système éducatif chinois pratique de l’élitisme à outrance. Cela ne me semble pas idiot, bien au contraire (on fait la même chose avec nos grandes écoles). L’Etat, ayant ainsi selectionné les meilleurs Gao Kao, investit d’importantes sommes d’argent dans les universités ce qui évite de se retrouver avec les facs-poubelles françaises.

Les Chinois ont compris que former la jeunesse, c’était préparer l’avenir. Chose que l’Etat français a du mal à comprendre…

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La semaine prochaine, je me rends à l’université concurrente de Tsinghua, Beida : c’est là-bas que je dois continuer mes études l’an prochain et il paraît que le campus est aussi magnifique, si ce n’est plus. J’ai un ami chinois sur place qui étudie à Beida, et dont un élève de l’ENSAE, Bejamin Holcblat, m’a donné les coordonnées. De fil en aiguille, nous avons sympathisé par mail et maintenant que je suis en Chine, il m’a donné rendez-vous pour faire une visite ! Un article sous peu, donc….

Ma longue marche dans l’administration chinoise (3)

septembre 12th, 2007

Suite des précédents épisodes donc.

Le bougre Cao m’ayant demandé de revenir la semaine suivante afin d’obtenir le papier, je m’y rends donc lundi à l’occasion d’une réunion que nous avions, les francophones de l’université, avec lui et une représentante de la police de Beijing. Durant le briefing (parfaitement inintéressant d’ailleurs, elle nous rappelle que l’on doit se conformer aux lois chinoises sans quoi “quelques mesures seront prises”), la policière nous apprend que le permis de résidence peut être demandé via notre tuteur de l’université (Cao donc) moyennant 5 euros. La policière ne parlant que chinois, c’est Cao qui faisait l’interprète, à sa sauce d’ailleurs puisqu’il n’a pas traduit cette information (en fait, il traduisait ce qu’il voulait, déformant complètement les propos de la policière).

Bien, à la sortie de la réunion, je me précipite chez Cao afin d’obtenir mon certificat médical. Il me dit en me regardant dans les yeux qu’il ne l’a pas. Manque de chance, je suis en haut de la pile et je vois bien mon papier : je lui dit que j’y suis et que j’aimerais terminer cette histoire au plus vite. Ce à quoi il me répond : non, revenez demain !

-Pourquoi ? Lui réponds-je surpris

- “Aujourd’hui, je n’ai pas envie” (sic). Alors là, il m’a scié ! A un tel point que je sors et reviens le lendemai, servilement (comme quoi, plus c’est gros plus on gobe). Mardi donc, il me donne le papier (31 secondes, c’est pour cela qu’il m’a fait revenir). Là, j’attaque sec : il paraît que vous pouvez vous occuper du permis de résidence (la dernière étape mais la plus délicate, c’est la police) ?

-Non!

- Faux, la policière l’a dit, on l’a compris. Là, il est coincé car on (j’étais avec un autre français à ce moment) avait raison.  Ce qui est bien avec Cao, c’est qu’au bout d’un moment, il va droit au but : il hurle (je n’exaggère pas) :”aller tout seul, aller tout seul, je ne le fais pas” !!

Inutile d’insister, pour moi, c’est un demeuré qui a vraiment un problème. Il ment, n’est jamais là, hurle tout le temps pour rien. On ne peut rien obtenir de lui. Ce type est vraiment une plaie.  J’ai eu franchement envie de lui envoyer une chaise en pleine tête mais cela n’arrangera pas son cas.

Ainsi, nous devons être une petite centaine de francophones. Au lieu qu’un seul type aille à la police avec les dossiers et que ce soit réglé d’un coup (ce qui se passe normalement) nous devons chacun nous y rendre, encombrer les circuits administratifs chinois uniquement pour déposer un dossier (il n’y a rien à remplir). Merci Cao !

Je m’y rends donc mercredi, accompagné de mon ami marocain “Khalid” (il ne parle ni anglais ni chinois, ce qui est délicat). Bien entendu, le poste de police en question (ce n’est pas n’importe quel poste) se trouve loin de l’université, il faut s’y rendre en taxi, etc. Arrivés sur place, nous sommes agréablement surpris par la propreté du lieu ainsi que de l’organisation ; chaque bureau est clairement indiqué avec des files d’attente . Les formalités se déroulent bien mieux que je ne le craignais, mais cela a pris du temps (un peu plus de 2 heures à attendre) . Toutefois, il n’y a pas eu de heurts.

J’ai donc le plaisir d’annoncer que en principe, mon calvaire dans l’administration chinoise va prendre fin dès la semaine prochaine (il faut une semaine pour obtenir le permis). Ainsi, l’ensemble des démarches prend plus de trois semaines et occupe de nombreuses après-midi pour les effectuer. Je souhaite donc bon courage à tous ceux qui vont venir étudier ici. J’espère que les informations que j’ai fournies ici les aideront.

Ma chambre à BLCU

septembre 12th, 2007

Sujet anodin et inintéressant au possible j’en conviens mais du fait que ma famille souhaite savoir comment je suis logé sur place, j’écris donc un article, qui contient aussi quelques détails sur l’attribution des chambres (ce qui peut être utile à de nouveaux arrivants). L’allocation des chambres semble suivre des règles précises qu’il ne faut pas cependant prendre comme argent comptant. En premier lieu, une distinction est faite entre les bâtiments réservés aux étudiants chinois et aux étudiants étrangers. Si dans certaines universités, les étudiants chinois sont entassés à 6 dans une chambre de 12 mètres carrés, cela ne semble pas toujours le cas ici, certains de leurs bâtiments étant spacieux et récents tandis que d’autres sont particulièrement lugubres.

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Pour nous, les étrangers, nos bâtiments réservés sont en général très satisfaisants, certains étant cependant bien plus luxueux que d’autres (les bâtiments rénovés, les numéros 4 et 17 par exemple, ont à peu prés le standing d’un hôtel deux étoiles en France, c’est vrai). Beaucoup de fausses rumeurs (rats par exemple) ont circulé à propos des chambres et après avoir visité un grand nombre de chambres (je préciserai plus loin la raison), je dois avouer qu’elles sont totalement infondées.

 

L’affectation à un bâtiment plutôt qu’à un autre dépend avant tout du hasard, hormis pour les boursiers où certains bâtiments nous sont réservés. Pour ma part, je loge dans le bâtiment des boursiers de niveau master (bac+4 bac+5), le numéro 12-13 mais d’autres étudiants non boursiers nous ont rejoint.

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Pour les étudiants “self-supporting”, i.e non boursiers, ils peuvent choisir leurs chambres comme bon leur semble, puisque c’est à eux d’assumer les frais. Le prix varie en fonction du bâtiment et aussi du type de chambre, simple ou double. Mardi 28, après moult détours, j’arrive enfin dans le bâtiment des boursiers. Muni de mon précieux sésame (le document qui certifie que je suis boursier du gouvernement chinois), je n’ai aucun problème à obtenir une chambre double (standard pour la bourse) qui m’est totalement payée : elle est propre, correcte, j’en suis satisfait. Mon premier colocataire, un américain, ne la trouve pas assez bien et décide de tenter sa chance dans un autre bâtiment, plus luxueux. Comme il n’est pas boursier, cela ne pose pas de problèmes. Je me retrouve donc seul pendant 2 jours, jusqu’au moment où mon nouveau colocataire arrive.

 

C’est un ivoirien, sympathique et affable. Il a demandé à quitter son ancienne chambre qu’il partageait avec un mongol, assez “spécial” à ce que j’ai compris. Trois jours de vie commune m’ont cependant convaincu qu’il me serait préférable de demander une chambre simple, parce-que j’ai perdu l’habitude, depuis le lyçée militaire, de vivre à plusieurs dans une même chambre : délicat d’avoir du silence et du repos, de travailler tard le soir, d’appeler en France (avec le décalage, j’appelle vers 23h00- minuit); en plus il était fumeur et cela me gênait vraiment. Mes rythmes de sommeil étant en plus assez particuliers, je commençais à être très fatigué car je ne pouvais dormir quand il le fallait : c’était un fêtard, et surtout, il ne faisait que parler, tout le temps sans arrêt avec moi ou au téléphone. J’ai très vite eu la tête au carré et il faut bien avouer que je suis tombé sur un sacré oiseau !

Certes, j’aurai pu demander à changer de colocataire, mais rien ne m’assurait que j’aurai pu trouver quelqu’un de bien. L’idéal pour moi eut été un coréen ou un japonais car ce sont en général des acharnés du travail et très propres en plus. Le souci, c’est qu’à l’accueil, ils ont tendance à regrouper les étudiants en fonction de leur langue et j’aurai sans doute eu un francophone dans ma nouvelle affectation. Et puis, une chambre simple, reste quand même très pratique quand on veut appeler en France à minuit ou continuer à travailler.

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Premier objectif donc, changer de chambre pour obtenir une chambre simple. Celles-ci étant sensiblement plus onéreuses que les chambres doubles, je décidais de faire des efforts sur la bourse qui m’est mensuellement accordée (110 euros par mois). Toutefois, ce ne fut pas simple, loin de là : je savais que mon bâtiment proposait des chambres simples à l’étage du dessus, je me suis donc rendu à l’accueil pour me renseigner. Je suis tombé sur une mégère (il est vrai que depuis, je ne l’aime pas) qui m’a répondu “mei you, mei you” (on en n’a pas). Bon, sans doute devaient-elles être toutes allouées. Je me rends ensuite, accompagnée d’une excellente traductrice (Lorine) au bâtiment 8, qui d’après la mégère devait avoir des chambres : à l’accueil, la chinoise me dit elle aussi “mei you”. Puis je me rends au bâtiment 4, où se trouve le bureau des logements pour étrangers afin de leur demander. Ils me disent qu’il faut revenir lundi, pour une raison obscure. Vendredi soir, je n’ai donc rien et je suis un peu ennuyé. La dernière nuit, vraiment pénible avec mon colocataire finit de me convaincre que je ne peux rester avec lui.

 

 

 

Samedi matin, après une trop courte nuit (mon colocataire a beaucoup parlé à tort et à travers mais aussi à moi), je décide d’insister. L’expérience de l’adminisrtation française m’ayant en effet bien rôdé. A l’accueil de mon bâtiment, la mégère veille : je passe outre. Je me rends dans le bâtiment 8 (celui qui n’avait pas de chambres simples la veille): autre personne, autre réponse : bien sûr c’est possible (keyi, keyi) ! Elle me fait visiter et effectivement il reste plusieurs chambres. L’autre personne la veille m’a donc menti effrontément. Cependant, les chambres bien qu’étant libres ne sont disponibles que le lundi (??) et il se peut que lundi il n’y en ait plus : c’est vraiment ubuesque. J’insite, je lui dit que je prends la chambre maintenant et que je peux payer. Elle ne veut pas et ne me donne pas de raison. je suis fâché car je me rends compte que je me suis fait baladé par les employés chinois et qu’il doit sans doute exister une chambre autre part. Je commence méthodiquement à faire tous les bâtiments du campus (une petite vingtaine) afin de demander. Rien n’est clair, peut-être, non, on ne sait pas (??) : comment ça vous ne savez pas s’il reste des chambres dans votre propre bâtiment ? “je ne sais pas”. Je passe ainsi quatre heures à ne rien trouver et je rentre dans mon bâtiment d’origine dépité. Là, la mégère à fait place à un employé beaucoup plus sympathique : au culot, j’y vais en lui disant que la mégère m’a dit la veille qu’il fallait voir aujourd’hui s’il restait des chambres. Et là, je suis bluffé : oui, bien sûr qu’il en reste, il m’en fait visiter une à l’étage au-dessus du mien !! Je la prends ipso facto, heureux d’avoir obtenu aussi facilement une chambre après plusieurs heures de recherche. Il me rempli mes papiers, c’est fini en 2 minutes !

 

Lsallebain1.jpga mégère m’a donc bien menti, car je pense qu’elle ne doit pas trop aimer les étrangers; cela me servira de leçon, il ne faut pas lâcher et les harceler. Je suis très heureux de ma chambre qui me coûte cependant assez cher : j’ai négocié de ne payer que la différence entre ma chambre de boursier et celle-ci. Toutefois, les chinois ont une logique redoutable : la chambre simple ayant la même superficie que la chambre double, elle coûte grosso modo le même prix i.e le double puisque je suis seul. Je dois donc payer une chambre double comme si je n’étais pas boursier mais j’ai une chambre simple : cela me coûtera 135 euros par mois (en réalité, elle coûte donc 300 euros par mois).

Sur un an, cela fait une somme mais du fait que je dois recevoir un salaire de normalien au mois de septembre, je vais pouvoir m’offrir ce luxe. D’un autre côté, si je n’étais pas boursier (ce qui est le cas de l’immense majorité des élèves ici), je devrai payer les 2300 euros de frais d’inscription, plus l’assurance maladie et je ne toucherai pas 110 euros par mois. D’autre part, une chambre bien moins bien luxueuse que la mienne (j’ai la clim, télé, frigo, douche, wc et une femme de ménage passe tous les jours !) à Paris coûte 500 euros…

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Maintenant, faisons le tour du propriétaire ! La Chine accueille très bien ses étudiants étrangers, du moins les boursiers. Description.

 

La chambre a une surface de 12-13 mètres carrés environ, ce à quoi il faut rajouter la salle de bain . En fait, c’est une chambre double dans laquelle on a enlevé un lit et un bureau. J’ai la télé (inutile car je ne la regarde presque jamais, il faut dire que TV5 ne fait rien pour être attractif, c’est une honte), un frigo (inutile aussi, je mange à la cantine), une climatisation (utile par contre car il fait objectivement chaud à Beijing, 35° au mois de septembre et bien plus en été) et un grand bureau. La femme de ménage passe une fois par jour sauf un dans la semaine (qui varie je crois). Pour moi, après le lycée militaire, et l’internat d’Henri IV, c’est vraiment le luxe !sallebain3.jpg

C’est vrai que notre université fait de gros efforts pour accueillir les étrangers et le cadre est vraiment de haut standing. Il paraît que c’est assez exceptionnel en Chine et que les autres universités sont moins bien dotées.

Profitons-en !